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 I Can't help it [R.]

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MessageSujet: I Can't help it [R.]   Lun 28 Nov - 3:35





La jeune femme avait toujours la même sensation lorsqu’elle était en présence de ses parents, celui d’étouffer. Parfois elle avait l’impression de manquer d’oxygène ou de sentir son cœur battre bien trop fort mais tout cela n’était pas réel, juste la sensation. Ses géniteurs, elle ne pouvait tout simplement plus les supporter et la plupart du temps elle n’écoutait plus vraiment ce qu’ils étaient en train de lui dire, la demoiselle était bien trop occupée à tenter de se calmer car ils avaient la fâcheuse habitude de la mettre dans un état pas possible. La preuve, lorsqu’elle sortir enfin de la maison familiale elle était plus pâle que d’ordinaire et resta plantée devant la porte un instant avant de se mettre à courir, comme si sa propre vie en dépendait. C’était sa routine.
Comme toujours elle éprouvait le besoin de s’éloigner du petit village. Elle aurait pu se rendre jusqu’à la demeure des Broderick comme elle le faisait souvent mais au lieu de cela elle préféra aller se réfugier vers son endroit comme elle l’appelait. Sybela avait découvert ce petit coin de terre, qui avait été un champ autrefois, il y a de cela quelques années mais aujourd’hui il ne ressemblait plus à grand choses. Aujourd’hui il avait été laissé à l’abandon et était couverts d’herbes folles suffisamment grandes pour qu’elle puisse se cacher. C’était pour cette paix qu’elle aimait l’endroit. Sybela avait même tenté de se créer son propre jardin et de faire pousser quelques fleurs afin d’insuffler un peu de vie l’endroit mais elle n’y était jamais parvenue. Peut être parce qu’à chaque qu’elle mettait les pieds ici, elle ne voulait que s’apitoyer sur son sort plutôt que de s’occuper l’esprit comme elle devrait logiquement le faire.
Son refuge avait également sa propre histoire désormais, elle ignorait si c’était une bonne chose de revenir encore ici après ce qui c’était passé mais elle était tout de même là. Elle observa un instant la robe qu’elle portait, se mordilla la lèvre, l’air hésitante. C’était une robe toute neuve, sa mère l’avait mise en garde ‘fait attention. C’est une jolie robe, ne va pas la salir’ la jeune femme pouvait encore entendre la voix insistante de sa mère. Sa voix si aiguë et tellement agaçante. Au final elle décida de faire quelque chose qui aurait sans doute tué sa mère si elle l’avait vue faire : elle se posa à même le sol, sur la terre. Elle aurait le temps de penser aux conséquences plus tard. Ou pas.

Il était fou de penser que sa propre famille était la cause de l’instabilité de la jeune femme. Il la rendait tout simplement folle. Depuis toujours ils n’avaient cessé de lui répéter qu’elle devait se montrer jolie, aimable, souriante, intelligente, intéressante… Tellement de choses que Sybela ne pouvait pas être. Même lorsqu’elle tentait de bien faire, elle finissait par les décevoir d’une manière ou d’une autre à commencer par le choix de ses fréquentations : si Aideen lui avait été imposée, les Brigham ayant forcée la fillette qu’elle était alors à se lier d’amitié avec la jeune Broderick – fort heureusement, une amitié sincère était née suite à cela - , lorsque Sybela a commencé à devenir amie avec Elwyn disons que la chose n’avait pas été bien perçue. Elle en avait entendu des choses sur Elwyn, ses géniteurs avaient même des adjectifs assez violents envers lui et même si elle n’aimait pas entendre cela, Sybela ne disait rien. Jamais. Elle se contentait de bouillonner intérieurement afin d’exploser plus tard et au loin.
Elle qui avait gentiment rendu visite à ses parents, voilà qu’elle regrettait amèrement cette décision car encore une fois les Brigham avaient eu une idée de génie. Enfin c’est ce qu’ils disaient.

La grande nouvelle leur était parvenue quelques jours plutôt ou quelque chose comme ça, les détails de l’histoire avaient échappés à Sybela tant sa mère s’empressait de lui raconter l’histoire quoiqu’il en soit la fin eu un impact sur la jeune femme : ‘tu devrais te marier avec Elwyn. Tu auras une bonne situation.’ Avaient-ils dit avec excitation. Oui, elle savait que son ami avait hérité ou quelque chose comme ça mais ces choses n’intéressaient pas la demoiselle. Alors qu’elle se repassait la conversation en boucle, elle tourna la tête pour apercevoir son futur mari – cette pensée la fit grimacer tant l’idée lui semblait étrange
«C’est mon endroit, tu sais ?»lança-t-elle avec un sourire en coin avant de détourner le regard, fixant la terre sur sa nouvelle robe. Elle n’était pas en train de le chasser mais plutôt de lui signaler qu’elle n’allait pas bien – mais là encore, quand allait-elle bien ? – et s’il lui demandait de ses nouvelles alors elle lui répondrait. Mais elle ignorait encore si elle devait lui raconter tout.
«Même si j’imagine que c’est un peu ton endroit à toi aussi… » le sous-entendu était on ne peut plus clair. C’était sorti tout seul.

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MessageSujet: Re: I Can't help it [R.]   Jeu 1 Déc - 1:29

« I'm still thinking about the way you smile,
it tears me apart to know that it won't ever be the same again. »


Les jours et les semaines se ressemblaient inlassablement. Il était bien souvent difficile de faire une distinction entre la veille et le jour même. Du moins était-ce le cas pour le grand brun qui menait désormais un quotidien des plus calmes. Même si son tempérament se prêtait davantage à ce genre de situations qu’à une vie sociale beaucoup trop mouvementée, il avouait de lui-même qu’il se sentait parfois un peu seul. Aussi bien dans l’enceinte du château que dans son nouveau – et ancien – chez lui. A dire vrai, et aussi triste que cela puisse paraître, ses rares contacts ces temps-ci se résumaient à des elfes de maison et au personnel de l’école. Bien entendu, il était le premier responsable de son prétendu éloignement des gens en règle générale mais il ne préférait pas le mentionner. Elwyn avait toujours eu du mal à accepter ses torts et surtout, à les admettre. Il n’était pas contre l’idée de se parler franchement entre quatre yeux mais la plupart du temps, l’initiative ne venait hélas pas de lui. L’attachement pour la personne concernée ne changeait strictement rien à sa position. Longtemps resté seul dans son coin, il avait fini par prendre l’habitude d’attendre que les gens s’intéressent un minimum à lui pour l’approcher et depuis, l’automatisme avait subsisté. Le pire était qu’il ne le faisait pas consciemment. Il semblait tellement peu doué en rapports humains qu’il avait toujours éprouvé des difficultés à interagir avec les autres. Enfermé dans l’image de bête de foire qu’il avait de lui enfant, l’aide extérieure qu’il avait reçu jusque là lui avait seulement permis de communiquer avec ses semblables sans penser à mal de manière instinctive. Le travail parcouru avait constitué un long voyage mais la route n’était pas terminée, il lui restait encore à revoir la façon dont il se percevait lui-même. Et la partie n’était de toute évidence pas gagnée d’avance même si le pire était sans doute passé. Tout restait cependant à faire.

Les amis, honnêtes bien sûr, représentaient un bien beaucoup trop précieux et probablement rare dans certains cas. La solitude dans laquelle il s’était enfermé depuis sa plus tendre enfance et qui le caractérisait à merveille, ne le satisfaisait plus vraiment maintenant. Ce manque causé par l’absence de certains s’avérait plus douloureux qu’il ne l’aurait pensé. Le Slytherin regrettait presque le temps où son indifférence primait sur tout le reste et que son désintérêt général pour tout être humain décourageait les plus téméraires souhaitant venir à sa rencontre. Aujourd’hui plus que jamais, il se rendait tristement compte de l’énormité de sa faiblesse démesurée. Comment en était-il arrivé là ? Si sa mère pouvait le voir se torturer de la sorte l’esprit, elle se retournerait probablement dans sa tombe. Quant à son père, sans doute le malmènerait-il davantage pour bien lui faire prendre conscience de son erreur monumentale. Dans tous les cas, ce n’était pas sa stupidité mais bien sa raison qui l’avait mené jusqu’à ce petit terrain vague défraîchi. Qui voudrait volontairement s’aventurer dans cette verdure sauvage laissée à l’abandon ? Sincèrement, personne. Ou du moins, personne issu de la noblesse. Elwyn faisait hélas partie de cette caste mais étant donné sa difficulté croissante à entrer dans des moules non conçus pour lui, il n’était pas vraiment étonnant de le retrouver ici. Il n’était pas comme ces « fils de » qui pouvaient lamentablement tout acheter, y compris les affections. Bien sûr, s’il le désirait vraiment, il pourrait se permettre une telle extravagance mais cela ne lui ressemblait tout bonnement pas. Loin de lui l’idée de sous-estimer Sybela et son entourage, mais le prix de son amitié ne devait certainement pas être très élevé. Il fallait avant tout déterminer les bénéfices à remporter, hélas c’était elle qui avait tout à y gagner et pas grand-chose à perdre. En parlant de perte, ces lieux détenaient désormais un lourd secret qu’il savait sûr tant qu’il ne dépassait pas les limites du champ. Et ce n’était vraisemblablement pas lui qui allait l’aider à s’évader. Surtout pas.


« Je savais que je te trouverai ici. » Répondit-il simplement avec un sourire contenu. De toute évidence, la demoiselle semblait dotée d’une bonne humeur qu’il aimerait toutefois permanente. « Mais je peux tout aussi bien repartir, si ma présence te dérange. » Sans même attendre une réponse de sa part – de toute façon il pensait la connaître –, il prit place juste en face d’elle et se plaça aussitôt en tailleur. L’herbe était si haute qu’une bonne partie de leur corps était dissimulée. Lorsqu’il se trouvait en présence de Sybela, bon nombre de barrières s’effondraient, il s’agissait d’un réel soulagement, une délivrance même. Ici, à cet instant précis, il se sentait bien, tout simplement. Au milieu de nulle part et dans ce silence naturel, il pouvait totalement se vider la tête et ne penser à rien. Il n’avait plus à réfléchir et faire attention aux comportements à adopter en société. S’il le voulait, il pourrait même crier à s’en déchirer les poumons sans pour autant paraître pour un fou aux yeux de la jeune femme. Nul doute que cette dernière se joindrait même à lui. « Ta petite taille est un atout dans la nature, tu sais. » Reprit-il d’une voix faible, comme si leur conversation pouvait être entendue par quelqu’un. « Sybela, reine du camouflage. » Il se saisit de la tige d’une herbe et tira dessus d’un coup sec avant de venir chatouiller avec la joue de son amie.

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MessageSujet: Re: I Can't help it [R.]   Dim 4 Déc - 21:24

Lorsqu’elle venait ici, c’était dans le but de retrouver une certaine paix. Mais en réalité elle ne faisait que se repasser en boucle ce qui avait été dit ou bien fait. Elle pensait à ce qu’elle aurait pu dire au lieu de rester assise à ne rien dire, jamais. Elle se revoyait en train de hocher la tête comme si elle approuvait totalement les idées de ses parents alors qu'en réalité elle ne voulait qu’une seule chose : être capable de leur tenir tête au moins une fois dans sa vie. Les voir sans voix la comblerait de joie. Mais tout cela n’arrivait jamais, ce n’était jamais qu’un rêve, Sybela était bien trop faible pour tenir tête à qui que ce soit. Il lui arrivait parfois de faire de faire le même rêve, celui où elle était devant les corps sans vie de son père et de sa mère et elle, couverte de sang, était la meurtrière. Même s’il ne s’agissait que d’un rêve, elle se sentait automatiquement coupable d’avoir rêvé d’une telle chose et se sentait donc obligée d’obéir d’autant plus à ses géniteurs comme une façon de se faire pardonner d’une chose dont ils ignoraient tout. D’un simple rêve. Et en parler, même à ses deux amis les plus proches, était inenvisageable car que penseraient-ils d’elle après cela ?

La voix d’Elwyn la faisait toujours sourire dans ces moments-là. Elle se sentait soudainement de bonne humeur même si de ce côté-là, la demoiselle était plus qu’instable. D’ordinaire, la présence de son ami lui aurait permis de se lamenter, de lui raconter ses soucis mais pas cette fois. Pas quand il était le problème. D’ailleurs, elle ne savait toujours pas comment elle aborderait le sujet. Ou peut être qu’elle ne dirait rien, qu’elle irait mentir à ses parents et leur aurait dit qu’Elwyn ne voulait pas les voir… C’était une solution. Sybela tenta de chasser tout cela de son esprit et de profiter de la présence du jeune homme.
«Tu me cherchais ? » demanda-t-elle avec un air inquiet sur le visage. Soudain des milliers de questions vinrent envahir son esprit : est-ce qu’il allait bien ? Avait-elle dit quelque chose qu’il ne fallait pas ? Bref, voilà qu’encore une fois elle venait de s’emballer avant de réaliser qu’il ne s’agissait que d’une fausse alerte alors qu’Elwyn prit place en face d’elle. Sa présence ne la dérangeait absolument pas, étant donné le visage de Sybela qui venait de s’illuminer. «Si tu partais, avec qui est-ce que je pourrais parler ? » fit-elle en lui montrant le champ totalement désert.

La demoiselle poussa un soupir lorsqu’il évoqua sa petite taille. Elle se savait petite et détestait par-dessus tout qu’on lui fasse remarquer, ayant déjà du mal à accepter le fait elle-même. Toutefois, si d’ordinaire cette remarque aurait crée la colère de la jeune Brigham, elle laissa passer pour cette fois. Sybela ne put s’empêcher de rire alors qu’il était en train de la chatouiller sur la joue, et sans réfléchir voilà qu’elle se jeta sur le jeune homme comme un petit animal, plaquant Elwyn au sol – vu le gabarit de la jeune fille, l’impact ne dut pas être d’une violence extrême. Elle avait plus l’attitude d’une fille sauvage que d’une jeune femme noble mais qu’importe de quoi elle avait l’air, l’occasion de s’amuser ainsi n’arrivait plus aussi fréquemment qu’avant
. «Tu sembles de bonne humeur » lança-t-elle alors qu’elle posait la tête sur le torse de son ami. Cette réflexion qu’elle venait de lui faire devrait, en toute logique, venir de lui puisqu’il était plus fréquent de voir Sybela de mauvaise humeur que l’inverse. Il est vrai que depuis quelques temps, sa relation avec Elwyn était différente. Parfois elle avait du mal à accepter qu’il ne l’effleure et le jour suivant elle se jetait à son cou, comme aujourd’hui. Elle-même ne savait pas pourquoi elle agissait ainsi, comme si c’était elle qui lui donnait la permission lorsqu’il désirait la toucher.

«Crois-tu qu’avec ma petite taille je pourrais partir loin d’ici sans que personne ne le remarque ? Je pourrais voyager. Je voudrais voir des paysages différents. Et je pourrais facilement me camoufler dans la nature tu l’a dit toi-même. » Ses rêves d’évasions commençaient à prendre une place importante dans l’imagination de la jeune femme maintenant. Elle était toujours sérieuse lorsqu’elle parlait de partir loin. Et si l’occasion se présentait bientôt ? Maintenant serait le moment idéal pour fuir.

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MessageSujet: Re: I Can't help it [R.]   Lun 19 Déc - 1:33

Les temps étaient dures pour bon nombre de personnes ces temps-ci. Si énormément de sorciers manquaient de ressources nécessaires à leur bien-être et confort, Elwyn lui n’éprouvait aucune difficulté dans ce domaine. Ses problèmes se situaient encore et toujours ailleurs. A dire vrai, il ne s’était jamais intéressé de près ou de loin aux soucis financiers qui pouvaient du jour au lendemain s’abattre sur vous. Probablement parce qu’il n’avait jamais appartenu à aucune autre classe sociale que la noblesse. Il s’agissait sans doute de la raison pour laquelle il possédait autant de temps libre pour réfléchir à des différends qu’il pensait existentiels. Le pauvre était tellement sujet à des conflits intérieurs qu’il ne savait plus trop de quelle manière les anticiper pour mieux encaisser les coups par la suite, à force d’être sa propre cible et l’homme à abattre la majeure partie du temps on pouvait aisément dire qu’il avait presque pris l’habitude de s’infliger à lui-même diverses souffrances. Divinement doué lorsqu’il était question de gâcher les bons comme les mauvais moments, il était d’ailleurs étonnant de le savoir encore entouré, même si les malheureux se comptaient désormais sur les doigts d’une seule main. Et fort heureusement, la jolie Sybela figurait sur la liste de ces derniers survivants, comme on pourrait les appeler. Malgré les hauts et les bas – la présence des bas étant davantage marquée – qu’ils traversaient quotidiennement, ces deux là demeuraient de bons amis. Ils ne se quittaient pas toujours en bons termes mais continuaient cependant leur petit jeu du chat et de la souris ; les rôles s’intervertissant selon leur bon vouloir.

Les jours ne se ressemblaient jamais lorsqu’ils avaient l’occasion de passer un court comme un long moment ensemble. Le jeune homme ignorait tout des réactions, parfois en chaîne, de son amie et bien souvent il s’agissait de l’origine même de leurs querelles. Aujourd’hui, alors que tous les deux semblaient d’une humeur similaire, il réalisait seulement qu’il ne savait pas entretenir correctement ses relations sans passer par des altercations qui, parfois, pouvaient probablement être évitées. Soit il excellait en la matière, soit sa présence était si dérangeante qu’elle le rendait inévitablement exécrable aux yeux de tous. Pour une rare fois dans sa vie, il souhaitait de tout cœur échapper adroitement à cette étape déplaisante pour les deux partis.
« Je suis certain que ce champ pourrait t’écouter d’une oreille attentive. » Répondit-il avec un large sourire. Ce n’était pas totalement faux après tout ; existait-il meilleur interlocuteur que le silence dans des moments de confessions où aucun commentaire n’était nécessaire ? Lui qui ne trouvait pas toujours les mots justes pour la réconcilier promettait de se faire très prochainement détrôner par ces bouts d’herbe géants.

N’ayant pas vu l’attaque arriver droit sur lui, le grand brun tomba mollement à la renverse et ce ne fut qu’une fois allongé dans l’herbe qu’il étouffa un petit rire amusé. Durant les dernières semaines écoulées, rares étaient les occasions pour lui de profiter de la vie le plus simplement du monde. Sybela rendait cela possible. Même si bien souvent elle brûlait la plupart des étapes, il ne lui en tenait jamais rigueur et savourait pleinement ce qu’elle pouvait lui offrir. Connaissant parfaitement bien son quotidien, il s’en voulait presque lorsqu’il haussait un peu trop le ton sur elle et cherchait naturellement une manière de se racheter. Dans le fond, peut-être était-ce la solution. Elwyn avait peut-être besoin d’être continuellement poussé pour réagir. La petite brunette savait y faire avec lui. En allant toujours trop vite, elle ne lui laissait pas l’opportunité d’apporter sa vision des choses et le contraignait intelligemment à suivre la sienne.

Sans répondre à ses paroles concernant son humeur, il dirigea son regard bleuté vers le ciel assombri par de nombreux nuages noirs tandis que sa main droite se perdait dans sa longue et douce chevelure. L’ambiguïté n’avait pas toujours eu sa place dans leur relation – il ne se souvenait d’ailleurs pas quand celle-ci s’y était immiscée – et pourtant, elle semblait maintenant très présente entre eux. Il ne comprenait pas bien ce qui les liait tous les deux, elle était l’amie d’Aideen avant de devenir aussi la sienne, mais tel un homme sans aucune volonté il se laissait bêtement berner et manipuler par sa douceur innocente.
« Je remarquerais ton absence, moi… » Souffla-t-il faiblement avant d’interrompre le mouvement de ses doigts posés dans ses cheveux. Avec agilité et délicatesse, il la fit lentement basculer sur le côté pour la faire tomber sur le dos près de lui. Il dut écarter plusieurs longues tiges afin de pouvoir à nouveau observer son visage qui avait disparu au beau milieu de cette pelouse beaucoup trop grande pour le monde de Sybela. Il n’était jamais bon de se toucher ainsi, avec autant de facilité et sans réelle gêne. Tous deux savaient pertinemment qu’aucune amitié, louable et normale, ne pouvait lier un homme et une femme de la sorte. Même s’il avait préféré tirer un trait sur leur dernière entrevue à cet endroit précis, il était pratiquement sûr que les choses étaient parties d’un simple instant comme celui-ci avant de déraper précipitamment.

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MessageSujet: Re: I Can't help it [R.]   Jeu 29 Déc - 21:56

Elle n’avait pas réfléchit lorsqu’elle s’était jetée sur lui. Et durant un court instant, elle redoutait de voir son ami la repousser violemment mais il n’en fit rien. Soulagement. Elle se mit à rire en même temps que lui. Sybela était en train de vivre un rêve : enfin un moment de tendresse. Elle avait besoin de se sentir ne serait-ce qu’appréciée et pour une fois, elle n’avait pas envie de gâcher le moment qui était en train de se passer. Pourtant, la demoiselle savait que ce n’était pas bien d’agir de la sorte avec les garçons mais Elwyn était bien le seul être de sexe masculin qu’elle était amenée à fréquenter alors disons qu’elle pouvait s’autoriser ce genre de familiarité, de plus il n’avait jamais émis la moindre objection alors pourquoi s’en priver ?
Sybela eu un sentiment étrange lorsqu’il se mit à toucher ses cheveux. Le geste était tellement doux, ils étaient seuls au monde à cet instant précis et lorsqu’elle posa les yeux sur lui elle eu une envie absurde : celle de déposer un baiser sur ses lèvres. Bien sûr, elle n’éprouvait aucun sentiment amoureux envers Elwyn alors pourquoi cette envie ? Encore une pulsion de la part de la jeune fille ? Sans doute. Mais pour se défendre de penser à une telle chose, elle se dit que tout était de la faute du jeune homme : se montrer doux et affectueux alors qu’elle se sentait faible, ce n’était pas juste. Tout simplement.

Il remarquerait son absence avait-il dit. Cette phrase la fit sourire de plus belle, elle avait le sentiment d’être importante aux yeux de quelqu’un. Si seulement il savait à quelle point l’envie de partir qu’elle éprouvait était de plus en plus forte. Tous les soirs elle se sentait prête à partir, ses affaires étaient même prêtes mais jamais elle ne trouvait le courage de le faire. C’était une lâche qui avait besoin d’un coup de pouce et Elwyn venait peut être de lui donner la force nécessaire pour accomplir ce désir de liberté.
«Je pensais… » sa voix était pleine d’enthousiasme mais Sybela devint tout à coup muette. Soudain, elle n’était plus confortablement installée sur le torse de son ami mais à ses côtés, sur le dos. Il l’avait repoussée. Comme si elle n’était rien de plus qu’un insecte gênant. Comment osait-il ? Pourquoi ? Le pauvre n’avait sans doute aucune idée de ce qu’il venait de déclencher et son geste était probablement anodin mais ce n’est pas comme ça que l’avait compris Sybela. Elle tourna la tête un instant afin de digérer ce rejet avant de se redresser et de revenir à sa position initiale : assise en face de lui. Elle resta silencieuse, digérant doucement ce qui c’était passé. Le pauvre allait subir la rage et la tristesse de ce petit bout de femme et n’en avait pas la moindre idée. «Je suis désolée de t’avoir touché. Visiblement je ne suis pas autorisée à faire une telle chose. » Elle ne daigna même pas le regarder dans les yeux. Il l’avait blessée et pour ça elle lui en voudrait pour le restant de la journée – et viendrait sans doute s’excuser de sa mauvaise humeur le lendemain.

Elle pensa à ce qu’elle avait envie de lui dire avant qu’il ne la repousse. Sybela allait lui demander si lui aussi avait envie de partir d’ici, de l’accompagner et son offre tenait toujours d’ailleurs, c’est pour cette raison qu’elle lui proposa finalement…D’une manière un peu plus différente.
«Tu sais, je me demandais si tu aurait été prêt à t’enfuir avec moi, loin d’ici. Je pensais que tu détestait cet endroit tout comme moi. » Elle marqua une pause, espérant que, peut être, il lui répondrait illico qu’il était prêt à la suivre. Mais non. «Et ensuite j’ai réalisé à quel point ma proposition aurait été stupide. Tu ne pourrais pas partir. Tu ne pourrais pas partir sans elle, je sais que tu ne supporterais pas de ne plus la voir. N’ai-je pas raison ? » Cette question sonnait comme un défi. Elle était en train de le défier, il pouvait lui prouver, maintenant, qu’il ne tenait plus du tout à Aideen comme il le faisait croire.

Quelque chose était en train de changer en elle. Sybela se sentait désormais capable de faire preuve de méchanceté, dans ce champ elle pouvait sentir la douceur et la gentillesse quitter son corps petit à petit. C’était comme si elle ne pouvait plus supporter de se sentir faible. Plus jamais.

«Qu’est ce que je suis pour toi, Elwyn ? Qu’est ce que ce champ représente pour toi ? Est-ce que tu y penses parfois ? » Les questions étaient directes, c’était nouveau. D’ordinaire, Sybela n’aurait fait que de vagues allusions mais aujourd’hui elle désirait des réponses.

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MessageSujet: Re: I Can't help it [R.]   Mer 4 Jan - 0:30

Elwyn Moorehead était un être complexe à bien des niveaux. Il ne faisait jamais rien comme personne et ne pensait hélas pas comme la moitié de la population locale. Arborer les traits d’un homme « différent » de ses semblables pouvait s’avérer avantageux tout comme cela engendrait inévitablement beaucoup d’inconvénients. Et jusqu’à ce jour, le jeune homme gardait continuellement dans la bouche ce goût amer d’un quotidien trop peu illuminé, et plus négatif que positif. Seulement, en présence de Sybela, il lui arrivait bien souvent de revoir son jugement sur sa propre personne. Il se pensait étrange et lunatique. C’était avant de faire la connaissance de cette petite brunette au fort caractère qui, la plupart du temps, ne lui laissait aucun répit. Elle se montrait plus caractérielle qu’une véritable princesse et lui de son côté, il avait pris la fâcheuse habitude de laisser couler ses crises multiples qui venaient généralement à bout de leurs entrevues mais surtout de sa patience. Comment est-ce qu’un corps aussi frêle que le sien pouvait être nerveux à ce point ? Il ignorait où la demoiselle canalisait toute cette énergie qu’elle avait à revendre car dans son cas, ses réserves étaient moindres et bien souvent limitées. Pourtant, il possédait de nombreux centimètres de plus qu’elle.

Comme à de nombreuses reprises, le jeune sorcier tempérait ses propres réactions afin d’atténuer et adoucir celles de son amie. Il s’agissait d’une perpétuelle recherche de conscience du bien et du mal que ses mots ou gestes pouvaient provoquer chez elle. Peut-être avait-il un peu trop relâché la pression aujourd’hui, après tout il n’était pas plus en forme que cela, mais en aucun cas le fait de la déplacer de son torse ne devait être vécu comme un rejet. Il ne cherchait nullement à la repousser, si tel avait été le cas il ne lui aurait même pas laissé le temps de venir blottir sa tête contre lui. Il tenait seulement à ce qu’elle comprenne qu’une telle promiscuité physique ne pouvait être tolérée, et encore moins être innocente, entre eux. Ils devaient à tout prix s’imposer des limites à ne pas franchir mais la jeune femme ne semblait pas vouloir poursuivre le même chemin que lui à ce sujet, elle n’arrangeait en rien la situation et l’aggravait plus qu’autre chose. Sa réflexion n’avait rien de méchant mais elle n’était pas totalement idiote, elle devait bien se douter que l’éthique leur prohibait tout rapprochement ambigu. Si la morale avait pu les duper une première fois, il était prêt à faire en sorte que cela ne se reproduise plus à l’avenir. Et ce n’était certainement pas en arborant une telle posture que leur problème allait se régler.

De toute évidence, la petite sorcière n’était vraisemblablement pas du tout sur la même longueur d’onde que lui. Il demeura un instant allongé mais se redressa en position assise sitôt ses premières joutes verbales lancées. Fronçant les sourcils dans une expression indéchiffrable, il entrouvrit la bouche pour démentir ses propos mais Sybela reprit rapidement la parole. Ses mots étaient surréalistes. Tout comme son attitude le dépassait grandement. Avait-elle été attaquée par un Doxy ? Il avait beau s’évertuer à examiner chaque parcelle de son corps non recouverte d’un tissu, elle n’était visiblement victime d’aucune morsure. Alors d’où provenait cette subite haine ? Pourquoi brusquement répandre un tel message rempli de colère et d’amertume contre lui ? Ne passaient-ils pas, jusque là, un excellent moment ?
« Pourquoi me demande-tu tout cela, Sybela ? » Il secoua légèrement la tête. « Je ne comprends pas où tu veux en venir… » S’il pensait en avoir fini avec les accusations douteuses de son amie, il s’était totalement fourvoyé sur ses intentions qu’il persistait toutefois à ignorer. Ils s’étaient jurés de ne plus jamais faire mention de ce qui s’était produit dans ce même champ. Ils s’étaient ensemble mis d’accord pour oublier cette partie de leur histoire. Elle le désirait autant que lui, jamais il ne l’avait forcé à tirer un trait sur ce qu’ils avaient fait. Sur l’erreur commise. Sur leur faiblesse sans nom.

« Nous possédons tous nos problèmes, cependant cela ne te donne absolument pas le droit de te comporter ainsi avec moi. » Son regard bleuté s’était obscurci. « Je t’interdis de mêler Aideen à cette histoire ! » S’emporta-t-il en haussant inconsciemment le ton. Il se remit précipitamment debout, comme apeuré. Paniqué, parce que la situation promettait de prochainement lui glisser entre les mains. Que leur amie soit mise au courant n’était même pas envisageable. « Quelle réponse attends-tu de ma part ? Regarde-moi dans les yeux et dis-moi clairement ce que tu souhaites entendre. » Il prit une grande inspiration tandis que sa main se crispait instinctivement sur un pan de sa cape, non loin de l’emplacement de sa baguette sous l’amas de vêtements. « Désire-tu que je te confesse personnellement mes erreurs ? Ou ressens-tu simplement une envie insatiable et malsaine de me faire porter à moi seul le chapeau pour notre égarement ? Il faut être deux, Sybela. » Il se pencha rapidement vers elle, l’air menaçant, tout désir de plaisanter s’étant envolé. Il l’attrapa par le bras, entre l’épaule et le coude, et referma solidement ses doigts sur son membre pour attester du sérieux de cette conversation. « Tu aimerais que je t’avoue avoir profité de toi en te volant ton innocence. Est-ce bien cela ? » Les lèvres pincées, il resserra un peu plus l’emprise de ses phalanges. « Pourquoi prends-tu un tel plaisir à me malmener de la sorte ? Je croyais en notre amitié… Au lieu de cela, tu jouis des malheurs des autres pour tourner une situation à ton avantage. » D’un geste brusque et sec, il relâcha son bras tout en la repoussant en même temps vers l’arrière ; il n’était pas friand du respect que réclamaient certains hommes auprès des femmes mais Sybela dépassait les bornes en jouant aussi dangereusement avec ses nerfs. « Puisque mon avis t’importe tant, sache que ce champ ne représente aujourd’hui plus rien à mes yeux, grâce à toi. » Il épousseta ses habits dans une attitude parfaitement hautaine, criante de fierté. « Tu possèdes cette faculté dérangeante de transformer le beau en laid. Prends garde à ce que les effets secondaires d’un tel don ne t’atteignent pas à ton tour directement. »

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MessageSujet: Re: I Can't help it [R.]   Jeu 5 Jan - 1:36

Elle ignorait ce qui allait se passer. Tout comme il ignorait ce qu’il venait de déclencher, ni ce qui allait lui tomber dessus. C’était nouveau, inattendu mais aux yeux de Sybela cette confrontation avait quelque chose de libérateur pour elle. Elle qui gardait tant de choses pour elle avait enfin l’opportunité de s’exprimer librement sans se cacher derrière des sous-entendus douteux. Oui, ils avaient tous les deux promis de ne plus jamais parler de ce qui s’était passé ici, dans ce champ, mais lorsqu’elle avait fait cette promesse elle avait menti. Tous les jours, le désir d’en parler avec lui s’emparait d’elle mais l’occasion d’aborder le sujet n’était jamais arrivé. Il suffisait simplement que les deux coupables se retrouvent sur la scène du crime pour qu’une discussion ai lieu. Elle aurait dû y penser.
C’était Sybela qui avait déclenché la colère d’Elwyn, elle savait comment car elle connaissait le point faible de son cher ami : Aideen. Et pour le coup, elle ne s’était guère trompé puisqu’il se mit à réagir aussitôt, pour le plus grand amusement de la demoiselle qui prenait plaisir à le voir s’énerver. Puis le sorcier se mit brusquement debout – elle fit de même - , ce qui n’annonçait rien de bon. Voyant le regard du jeune homme, Sybela sentit qu’il ne serait pas bon de lui montrer sa satisfaction, d’avoir frappé là où il était le plus vulnérable à savoir son cœur ou plutôt la grande affection qu’il portait à la belle brune. C’était une chose que Sybela avait toujours enviée, cette affection. Fixant son ami droit dans les yeux, c’est avec un calme olympien que le petit bout de femme décida de lui adresser sa réponse.
«Pourquoi ne pas mêler Aideen à cette histoire ? Je pensais que tu désirais garder tes distances et pourtant tu sembles prêt à tout pour qu’elle n’apprenne jamais ce qui s’est passé ici. » Elle haussa les épaules avant de continuer. «Est-ce que tu as honte de ce qu’elle pourrait penser de toi ? Qu’elle ne se lasse enfin de toi ? » Sybela savait. Elle savait tout. Il n’était pas difficile de voir que ces deux-là jouaient à un jeu étrange mais qu’ils s’aimaient et elle en avait assez.
Ce qui était étonnant c’était de voir que les deux amis étaient en train d’inverser leurs rôles habituels. Lui se montrait énervé et presque agressif alors qu’elle était calme, presque sereine.

Sybela laissa Elwyn continuer dans sa folie, la jeune fille ne semblait, d’ailleurs, pas vraiment impressionnée par toute cette colère qu’il déversa sur elle. Jusqu’à ce contact physique. Il la surprenait de minutes en minutes, mais ce n’était pas une bonne chose. Sybela commença à sérieusement paniquer en sentant les doigts d’Elwyn se refermer sur son bras. La demoiselle qui désirait ne montrer aucune émotion mis à part un certain détachement face à cette situation n’eu d’autre choix que de se montrer vulnérable et effrayée. Elle ne chercha même pas à lui faire lâcher prise, de peur de le voir devenir encore plus violent. En plus de cette violence physique voilà qu’il se montrait tout aussi virulent avec ses mots. Elle ignorait ce qui était le plus douloureux : son emprise ou alors ses mots qui n’étaient que la stricte vérité. Enfin, il avait compris qui elle était réellement. Il avait compris son manège et avait vu combien elle pouvait se montrer fourbe, c’était comme si elle se retrouvait confrontée à son propre reflet et que ce n’était pas très beau à voir.
Elle s’apprêtait à le supplier lorsque enfin il la relâcha. La douleur sur son bras était telle, qu’elle avait l’impression que sa main était encore présente. Sybela recula de quelques pas, et pour la première fois depuis qu’elle connaissait Elwyn elle ne désirait plus se retrouver seule avec lui.
Le temps de reprendre des couleurs et de digérer ce qu’il lui avait dit, la sorcière mit la main sur sa baguette. Une chance pour elle de ne pas l’avoir oubliée chez ses parents.
«Si tu pose encore la main sur moi de cette façon, je jure de te montrer ce que j'ai appris en cours il y a peu. » Elle ne bluffait pas. Sybela était prête à avoir recours à la magie pour blesser physiquement son ‘ami’ si jamais il la touchait encore une fois comme il venait de le faire. «Tu es comme ton père, Elwyn. » Elle recula encore de deux pas, sachant que lâcher une telle phrase aurait forcément des conséquences et elle s’y prépara. En bonne amie, Sybela savait écouter et par conséquent elle possédait des tonnes d’informations sur Elwyn et en particulier sur ses parents. Elle savait ce qu’il pensait de son père, et lui dire qu’il lui ressemblait lui ferait certainement très mal.
L’espace d’un instant, elle ressentit une vraie culpabilité, elle avait le sentiment d’avoir été trop loin et songeait déjà aux excuses qu’elle pourrait lui présenter mais la jeune Brigham réalisa qu’il n’état plus possible de revenir en arrière. Quoi qu’il se passe à partir de maintenant, leur relation ne serait plus jamais la même.

Un long silence s’installa. Elle ne lâcha pas une seconde Elwyn du regard, sa baguette étant prête à être utilisée à tout moment si jamais il se décidait à devenir violent. Sa dernière phrase résonnait encore en elle. C’est avec un certain courage qu’elle se décida à s’avancer vers lui, lui prendre la main et y placer un anneau
. «C’est pour cette raison que j’étais venue ici. Pour réfléchir. Mes parents souhaitent me voir t’épouser. Je te laisse l’honneur d’aller leur annoncer que tu n’en à aucune envie. »

Elle l’observa un long moment avant de rajouter avec une certaine douceur et une pointe de regret «Tout ce que je voulais…C’était être importante à tes yeux. Etait-ce une si mauvaise chose de désirer toute ton attention ? »
Elle secoua la tête, non elle ne se mettrait pas à pleurer comme elle l’aurait fait avant. Ce temps-là était révolu.

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MessageSujet: Re: I Can't help it [R.]   Dim 8 Jan - 0:23

Sa vie toute entière n’avait aucune espèce de valeur, du moins il était parvenu à s’en convaincre seul. Porter un nom plus ou moins craint par certaines castes sorcières ne lui apportait pas la moindre fierté. Il n’y avait aucune satisfaction à tirer de la peur qu’éprouvaient toujours certains élèves d’Hogwarts lorsqu’ils étaient amenés à croiser sa route, sous prétexte que ses deux géniteurs avaient été envoyés dans le plus abominable de tous les endroits du royaume. On le pensait fou, il le savait pertinemment, quand d’autres ne sous-entendaient pas qu’il dissimulait sa rage sous des traits mystérieux simulés. D’une nature peu sociable à la base, Elwyn n’avait pas fourni d’efforts exceptionnels pour s’ouvrir à des gens qui finiraient fatalement par le juger, il en était convaincu. De plus, le directeur de sa maison ne lui avait jamais exprimé le désir de le voir aller à l’encontre de ses envies. Bien au contraire, Slytherin prônait une certaine forme de détermination personnelle. Ce que beaucoup appelleraient égoïsme, les Vert et Argent avaient pris l’habitude de l’appliquer dans leur quotidien de tous les jours. Comment parvenir à exploiter l’ensemble de nos capacités quand des barrières venaient à chaque fois bloquer notre motivation sans borne ? S’écouter soi-même avant d’écouter les autres représentait une excellente philosophie de vie. Hélas, le jeune homme avait peu à peu perdu cet objectif de vue lors de l’enfermement de ses parents à Azkaban et par conséquent la disparition de leurs conseils particuliers. Il lui avait toujours été difficile d’avancer sans avoir de directives précises à suivre. Maintenant qu’Aideen ne partageait plus sa vie, les hésitations étaient nombreuses et les bons choix n’étaient pas toujours faits. La demoiselle s’occupait de lui et se chargeait généralement de prendre les décisions pour tous les deux, ce qu’il appréciait grandement, car il était bien incapable de savoir ce qui était bon ou mauvais pour sa personne. Cela s’expliquait naturellement. Son affection pour l’unique héritière Broderick ne possédait aucune limite, il ne devait son salut qu’à son acharnement impressionnant. Elle avait du faire preuve d’une patience exemplaire pour reprendre le flambeau de l’éducation désastreuse du jeune Moorehead et réussir aussi brillamment à le changer, de manière positive bien entendu. Alors, même si ses sentiments à son égard avaient le mérite de le chambouler aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur, il lui devait le plus grand de tous les respects pour être venue à son secours à un moment où personne ne semblait disposé à vouloir l’aider. Malgré un équilibre précaire, il devait ce dernier à la jeune femme, sans qui il n’aurait probablement pas la force de mettre un pied devant l’autre aujourd’hui. Sans même parler d’émotions lascives la concernant, il l’aimait. D’un amour différent et unique. Un amour que Sybela Brigham était dans l’incapacité la plus totale de comprendre. Et les paroles de la personne, supposée être son amie, ne faisaient que confirmer son ressenti. Ses mots n’exprimaient qu’envie et jalousie. C’en était même écœurant. Le vide incommensurable de son existence ne justifiait aucunement son attitude. A en juger par son comportement, elle pensait être la plus à plaindre dans cette histoire. Pauvre Sybela, pauvre enfant ! Pauvre petite chose sans défense dont l’enfance n’avait été que malheurs et solitude. Avait-elle répété son petit discours moralisateur ? Se trouvait-elle convaincante ? Car de son côté, il ne croyait aucun des mots qui franchissaient le seuil de ses lèvres. « Ce que j’éprouve actuellement ne te regarde absolument pas. » Trancha-t-il d’une voix sèche. Oui, il avait longuement réfléchi à ce qu’Aideen penserait de leurs actes. Oui, il avait aussi envisagé la possibilité que la déception ne débouche ensuite sur un dégoût voire un désintérêt total de sa personne. A dire vrai, tout ce questionnement lui torturait les pensées depuis des semaines, sa culpabilité ne datait pas d’aujourd’hui.

L’espace d’un instant, un sourire moqueur traversa son visage blafard lorsque la jeune femme eut l’audace de le menacer avec sa baguette magique. Amusement qui s’effrita bien vite à l’écoute de ses paroles suivantes. Il savait, au fond de lui, qu’il ne devait pas croire un traître mot de ce qu’elle pouvait raconter. Il avait en face de lui une belle manipulatrice qui se satisfaisait du malheur grandissant de ses proches. Aussi triste fut cette pensée, il réalisa qu’elle ne pouvait être heureuse si ses propres problèmes dépassaient ceux de ses amis. Et pour éviter cette tragédie, la jeune femme avait trouvé un stratagème des plus futés. Prêter une oreille attentive à qui voulait se confesser pour ensuite faire jouer ces mêmes aveux contre la personne concernée. C’était présentement ce qu’elle tentait de faire avec lui. Combien de fois s’était-il naïvement penché vers elle pour lui conter les nombreuses épreuves par lesquelles il fut contraint de passer ? Beaucoup trop souvent apparemment, car la brunette maîtrisait à la perfection ses attaques. Silencieux, comme choqué par ce qu’il venait d’entendre, Elwyn demeura immobile durant un temps certain. Son regard vide et lointain fixait un point invisible droit devant lui, comme si son âme avait subitement décidé de quitter son corps pour effectuer une petite promenade de santé. Comment osait-elle l’accuser d’une telle atrocité ? Comment pouvait-elle lui cracher son venin en plein visage avec une telle assurance comme si elle n’avait jamais tenu à lui ? Après toutes ces heures passées à l’écouter avec la plus grande des sincérités, après toutes ces années d’amitié durant lesquelles il avait fait preuve d’un calme légendaire même lorsque la demoiselle avait vociféré de vilaines choses à son encontre ; elle avait le culot de l’affronter avec autant de méchanceté ?

Il récupéra l’ensemble de ses fonctions lors d’un contact physique impliquant un anneau qu’il détenait à présent sans vraiment savoir pourquoi. Plissant les sourcils d’incompréhension, il eut un léger mouvement de recul à l’énonciation du mot ‘épouser’.
« Que tes parents souhaitent me voir leur demander ta main est une chose, prétendre désirer mon affection en est une autre. » Siffla-t-il avant de relâcher nonchalamment le petit anneau qui s’échoua alors dans l’herbe. « Faut-il vraiment que le mensonge soit la seule chose authentique s’échappant d’entre tes lèvres ? » Il s’avança d’un pas vers elle, le regard assombri par une lueur qui devait lui être inconnue, avant de l’agripper par le col de sa robe pour la tirer doucement vers le haut et la mettre sur la pointe des pieds. « Je suis las de toi. » Déclara-t-il d’un ton étrangement neutre, alors que le poids de cette phrase était extrêmement lourd. De sa main libre, il se saisit de son poignet dans le seul but de l’empêcher d’avoir une réaction irréfléchie engageant un objet aux propriétés magiques. Il était comme son père. Le pensait-elle véritablement ? La demoiselle était probablement à mille lieux de se douter à quel point la ressemblance était pourtant bien réelle et frappante. Et si elle n’en avait jusque là pas conscience, il promettait de le lui faire comprendre très rapidement. Alors que ses iris se rétractaient indescriptiblement, le jeune sorcier plongea son regard bleuté dans celui, visiblement apeuré, de sa camarade. Un esprit aussi faible que le sien n’était visiblement pas bien difficile à pénétrer, il n’avait même pas besoin de l’obliger à le laisser entrer dans la bibliothèque de ses souvenirs, la porte était grande ouverte et, de toute évidence, la victime ne savait nullement lutter contre les intrusions extérieures.

Sachant pertinemment où chercher, il ne mit guère de temps à trouver l’épisode qu’il désirait tant visionner. Mais comme être le seul spectateur d’une telle scène ne s’avérait pas du tout amusant, il la contraignit à revivre les instants de sa propre vie. Même si la durée de la situation sélectionnée était de quelques heures, tout se passa extrêmement vite, comme si chacun des événements avaient été choisis avec minutie. Un homme brun – pas très grand –, la quarantaine probablement, se tenait devant Sybela dont les larmes avaient inondé le si joli visage d’opaline. Les mains de son futur mari se baladaient généreusement sur sa frêle silhouette tremblante ; l’une dessinait les traits fins de son visage tandis que l’autre s’attardait sur ses formes de fille récemment devenue femme. Elwyn put sentir la réticence de la sorcière qui se tortillait péniblement au fur et à mesure que de telles images remontaient à la surface. Ce mal-être flagrant eut l’effet d’un rappel à l’ordre. Pourquoi agissait-il ainsi ? Avec elle, de surcroît ? Avait-il seulement de bonnes raisons de lui faire payer son impertinence ? Alors que l’inconnu la repoussait violemment, arrachant au passage volontairement un morceau de sa robe, le Legilimens interrompit la lecture agressive de son esprit et provoqua sa chute réelle, dans un mouvement identique entre le fictif et le réel.
« C’est comme cela qu’il faut traiter les personnes de ton espèce. Les gueuses. » Conclut-il, dans un besoin de conserver le rôle qu’il avait choisi d’endosser. C’est la raison pour laquelle il prit la décision de transplaner dès la seconde suivante afin de ne pas être en proie aux doutes et aux regrets. Ce qui allait forcément arriver, mais pas devant elle.

[Topic terminé]

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